page associée à celle-ci : | critiques de presse |
1/ Depuis la publication de La Chair, en mai 2008, j'ai reçu de nombreux courriels et courriers chaleureux. Morceaux choisis en commençant par les plus récents :
Un grand moment de lecture, sans doute l'un de mes plus beaux. Je cherche en vain à trouver à quelle catégorie ce livre appartient. Je n'en trouve point. Il est hors catégorie, inclassable donc rare. De la littérature pure !
J'en remercie son auteur, à la fois pour son livre, mais aussi pour l'espoir qu'il donne ; que notre littérature n'est peut-être pas tout à fait morte et qu'elle n'est pas définitivement perdue dans le tout à l'égo contemporain.
(…) J'ai enfin lu La Chair… Quelle odyssée !!! Ton écriture est à la fois sensible et concrète, physique. Il y a du sacré et du païen, du mythologique et de la tragédie. "Ce qu'il y a de plus profond en l'homme c'est la peau" : cette phrase de Valéry a accompagné ma lecture parce qu'au-delà de la chair, "des corps libérés", j'ai vu des personnages profondément humains, désespérés parfois, mais vivants et incarnés. Je garde de cette lecture des moments de poésie et de grande sensibilité ... d'autres sensations m'envahiront avec le temps...
(...) Ce livre est si vivant qu'il respire, si vibrant qu'il transpire, si touchant qu'il fulmine, si sexuel qu'il prie. C'est une mélopée aux variantes saisissantes, le Cantique des cantiques pénétré jusqu'à l'os, et l'on se vautre dans sa moelle, et elle a un goût de manne. Michel est un héros fantôme, en fuite devant l'incarnation et à travers toutes les femmes que cela suppose. Il a mis un temps fou à naître et toute sa vie freine le temps jusqu'à l'accélération finale. Il s'y déplace comme un fantôme dans un train fantôme lancé dans un tunnel fantôme, pour que se compose un livre hanté par la vérité des pensées, des sentiments, des comportements, des synchronicités, des énergies psychogénéalogiques, des douleurs enthousiasmantes de la jouissance, des appels torturants à l'extase. C'est un livre admirable, fait des pages arrachées aux grands maîtres ès lettres qui n'ont pas osé les écrire.
Début d'une correspondance analytique avec cette lectrice exigeante, qui mettra en ligne en octobre 2013 un site d'éxégèse littéraire en grande partie consacré à La Chair : Les Corps Célestes
(...) Ta Chair a habité mes vacances - c'est une plongée en apnée, pas sous oxygène. On risque de ne pas remonter, on le sait, alors quand on retrouve la surface, il faut du temps pour reprendre son souffle. J'ai aimé ces passages violents, crus, torrentiels, assourdissants, sexuels voire bestiaux, qui émaillent parfaitement l'histoire. Ils sont nécessaires et sont autorisés par leur alternance avec un style beaucoup plus sophistiqué. Cette alternance, animalité et humanité pour les personnages est le fond du sujet. L'histoire qui tord le sexe dans tous les sens et dans toutes ses extravagances, qui ne s'impose aucune limite tient parfaitement la route et renforce cette impression de tourbillons et de va-et-vient entre les désirs et la raison. L'humain, c'est ça, pas plus ...
J'ai lu La Chair. Il est toujours troublant de pressentir un auteur, cette impression en angle mort, et d'en trouver la confirmation dans sa lecture. Votre expressivité directe fait sentir le rabot d'épure que vous avez fait subir, probablement sur des années, à une écriture qui ne semble jamais avoir un mot de trop. Le fond amer qui donne sa tectonique aux péripéties, a la subtilité de ne pas étirer la pâte contemporaine pour en faire un simple délice cynique (genre Houllebecq / ou l'auteur très connu du Au régal des vermines dont je n'ai plus le nom en tête, ah oui Nabe). Je retiens même comme un trait de singularité, mais le danger de la projection me guette, le voisinage sans intention provocatrice d'une voracité sexueuse et d'une tendresse cruciale relevant ses occasionnels museaux ruinés du caniveau de la vie moderne. J'ai pensé aussi (moi qui n'ai lu que quelques livres finalement) à la Marge de Mandiargues, à cause de l'Espagne bien sûr et du bordel péruvien, mais aussi pour une intarissable poisse de perdition qui hante organiquement l'écriture. Votre percée du bordel, la qualité picturale épaisse de son dédale des abysses, sa galerie de surgissements pariétaux, montrent ce qu'aurait pu être un surréalisme sans boutons de manchette. La gamme des dernières chances amoureuses dont vous écrivez le crescendo, à la crête d'un ressac toujours plus impossible et d'un dessèchement final sur la grève de plus en plus inévitable, dénude peut-être la plus béante des imminences, celle d'un désespoir dont vous scrutez le long sursis avec ses figures aimées qui dérivent dans un rêve de mort.
J'ai mis plusieurs mois à comprendre. À me débarasser de cet agacement d'avoir été si déstabilisé par ce livre. (...) Quelle corde intime il a fait vibrer ? Ce tressage du sublime et du trivial, du mélo et du sacré, et les leçons de style et d'audace, d'irrévérence, tout cela faisait beaucoup. (...) Je voudrais parler beaucoup de ce livre. Force m'est de constater que je n'en suis pas encore capable. À lire les critiques qui en ont été faites ce que je remarque, c'est que chacun semble réagir d'une manière très intime, comme si la propriété fondamentale de ce roman c'était ça, cette capacité à nous chambouler l'intérieur, à retourner les généalogies personnelles sans dessus-dessous, à nous faire remettre le nez dans des affaires de famille qu'on croyaient avoir pu liquider. (...)
(...) Tout simplement, j'ai aimé l'écriture, l'intrigue, l'ambiance, globalement toutes les scènes. Je dis "scènes", ça m'a fait penser à ce film japonais L'empire des sens qui montrait des scènes flirtant avec le porno mais qui n'y tombait pourtant jamais. (...)
Juste un mot pour vous dire qu'il y a quelques mois de cela, je me suis délecté de votre Crafouilli et que l'an passé je m'étais déjà délecté de votre délicieuse Chair.
(...) Pour ne relever qu’un ton de votre palette d’habiletés, ce serait l’aisance à sauter d’un style narratif à l’autre, aisance surprenante autant que limpide, à la manière de ces acrobaties que l’on s’imagine facilement accomplir et qui se soldent par membres brisés dès la première tentative. Je dirai du "classicisme contemporain", analogue, pour l’exemple, à ce que peut faire un Dutilleux en musique. Je ne vais pas ici en faire l’analyse, dire quand, comment, pourquoi, je fus charmé. A relecture peut-être vais-je griffonner quelque note. Cette fois, je n’ai pas pu. J’étais chez mes parents, couché, je ne puis tenir la plume qu’attablé.
Je n’ai pu me résoudre à éteindre la lampe, savourant le festin, chaque chapitre me donnant goût par le fumet au suivant et par avance, sachant que vous y mêleriez les saveurs les plus incongrues aux plus éclairantes, avec l’esprit choisi pour élever au mieux, dans ces verres à coté, les profondes saveurs du verbe en mouvement. Un festin, vous dis-je ! Cette année, j’ai réveillonné deux fois et vous ne fûtes pas le moins apprécié des hôtes. Ainsi donc, merci avant que je ne me remette à la table.
(...) Lu cette nuit. A chaud. (...) Ta rigueur d'écriture impose son contenu et le rend toujours recevable ; de plus, tu alternes des plages qui tantôt offrent puis retirent aussitôt le flanc à la critique perpendiculaire. Et ton final est très bon. Effectivement nous sommes tous frères et sœurs au sens universel et nos visages, Organismes Génétiquement Modifiés par les caresses amoureuses des lointaines ethnies d'où nous venons, nous différencient en semblables. Effectivement nos passions nous déchiquettent, jusqu'à la guerre. Tu poses le sens du sens. Cette lecture fut un plaisir et tu sais bien que j'en passe.
(...) Dantec a écrit des paragraphes bien sentis sur l’effet physique que produit un livre sur le lecteur : il faisait une analogie avec un virus mental, qui s’emparait peu à peu du cerveau de celui qui allait devenir un possédé, et de manière irréversible.
Un livre comme le tien est de cette race-là. Il constitue un véritable affront personnel, comme le décès d’un proche : à chaque fois, c’est l’intégrité physique et mentale du lecteur qui est fissurée. (...)
Les chapitres XVII et XVIII touchent véritablement au Mystère de la Chair. Tu parviens à écrire des mots accablants, destructeurs, mais qui font relever les yeux vers le ciel. Bien sûr, par endroits, ta prose est on-ne-peut-plus célinienne, à ceci près qu’elle conduit le lecteur à plier les genoux et joindre les mains. (...)
Entre fascination et pudeur molestée, La Chair porte bien son titre et il fera partie des livres que je n'oublierai pas.
(...) C'est un grand roman que vous avez écrit et je me suis dit en le refermant que, si des archéologues du futur devaient dénicher des textes contemporains qui les éclairent au mieux sur l'époque présente, ils seraient bien venus de tomber sur La Chair. (...)
J'ai lu une cinquantaine de pages hier et j'ai été impressionnée par ta capacité à dire les choses justes, de façon crue et élégante à la fois, très française sans doute, mais le bon côté de notre littérature. De petites touches réalistes qui ne sont jamais complaisantes et finalement moins de littérature digressive que je redoutais !
Bravo, c'est non seulement bien écrit mais touchant et troublant de justesse, ton personnage féminin également (chapeau bas). Je m'étonne pour le coup que tu n'aies pas trouvé éditeur plus "gros". (...)
J'ai été réellement sensible à la verdeur de l'écriture, ce mélange d'élégance et de faux relâchement : de la littérature. (De bien belles "pages arrachées", en l'occurrence.) (...)
Je suis un peu en difficulté. Votre livre est sidérant, mais il est important pour moi de le terminer, à mon rythme.
Un style superbe. Pour les amateurs qui connaissaient les écrits de l'auteur ce n'est pas une surprise (...)
(...) une fin qui expose, malgré son évidence ô combien "charnelle", un autre mystère, celui de son interprétation : il n'est que de lire les très différentes opinions, des lecteurs, des critiques et de l'auteur à ce sujet pour s'en convaincre ! (...)
Le verbe "Bruire" revient souvent dans ce roman ; ce bruissement s'amplifie de page en page jusqu'à devenir un cri, une plainte. Le titre du chapitre XXXII, Le jardin des délices
parle mieux que moi du sentiment ressenti. Merci pour ce moment sensuel, érotique. (...)
J'ai lu ce roman comme celui du sang, autant que de la chair. Comme les personnages de Houellebecq, comme la majorité de nos contemporains qui, raisonnables, cédant au positivisme, renoncent au grand désir, le personnage principal ne croit qu'en une filiation biologique, donc ne peut se croire du sang de son père. Le chapitre XXI, Dans quel sang marcher?
, titre repris de Mauvais sang
de Rimbaud ("Vite! est-il d'autres vies?" écrit Rimbaud plus loin), à travers la pensée flottante de Marie, en hôpital psychiatrique, indique une autre voie, une autre foi. Je n'ai pas une seconde pensé que Marie soit folle, ni même dérangée (...). C'est une sainte, c'est sur elle que repose la question de la sainteté. Pour elle, la filiation biologique n'est rien. Peu importe qu'elle ait été fécondée par un autre homme que son mari défunt, pendant son sommeil, comme la marquise d'O de Kleist ou la Lasthénie de Barbey, peu importe qu'elle ait fait l'amour avec un autre, (...), peu importe que Joseph ait fécondé la vierge Marie. Pour elle, Michel est le père parce qu'elle a donné à l'enfant le nom du père, celui de l'Archange dont la sainteté s'oppose à l'orgueil de Lucifer dans les stances claudéliennes, Il y a tout ce sang entre nous qui fait une espèce de sacrement
[p. 213], l'Archange qui voit ce qu'il croit, quand les positivistes ne peuvent croire que ce qu'ils voient.
Lien symbolique du sang, de la filiation spirituelle par la parole, c'est là tout le mystère de l'Annonciation et de l'incarnation, et ce n'est pas pour rien que l'excipit formule les derniers mots de Marie : "Faites attention, s'il vous plaît, à ne pas marcher dans le sang", qui n'est pas le sang d'une boucherie, celle-ci n'est qu'un "décor" [p. 298] puisque "étaient indemnes les visages, que leur pâleur de cire faisait paraître lumineux". Michel est bien "un saint renversé", selon la belle expression de l'auteur, non un saint raté, comme le pense Juan Asensio, en ce que la parole poétique (sans poésie, pas de spiritualité, et pas de spiritualité sans poésie, voir Jean de la Croix) qu'a voulu lui transmettre sa mère a été renversée au souffle du grand vent nihiliste (...)
Un scénario élégant ; une écriture ciselée, riche, innovante ; une forme sensible, tranchante, perverse. Bravo (...) mon calbut s'en rappellera, c'est certain.
J'ai lu, j'ai aimé. T'as du talent mon salaud !
Eh bien ! j'ai passé mon week-end à arracher toutes les pages de ce livre ! Beaucoup d'émotions se sont associées. J'ai éprouvé autant de jubilation qu'à lire Henry Miller. (...)
Ce soir j'arrive à la dernière page de ton roman, mon index cherchant désespérément la page suivante mais je dois me rendre à l'évidence : ce livre que je viens de dévorer en un dimanche est bel bien terminé !!!
N'étant qu'un lecteur profane je ne m'autorise pas à une critique littéraire, je te fais simplement part de ma très grande émotion. BRAVO.
Chair Serge,
Je pars me baigner. Pour le cas où une vague m'emporterait je ne voudrais pas que vous ignoriez mes sentiments à la lecture de votre livre. J'en suis à la page 121 et je me régale. Je le suçote.
On ne peut vous comparer à aucun écrivain (que j'aie lu) !
(...) Franchement, je n'ai jamais aimé les passages pornos dans un livre mais là chapeau ! C'est de l'érotisme pur. Quel tourbillon, quelles descriptions du corps, des sensations, des attitudes, des émotions avec ci et là des mots orduriers, vulgaires (exprès ?) mais en amour rien n'est bas ni vulgaire.
(...) Enfin : JE ME REGALE ! (je ne voudrais pas arriver trop vite à la fin). Voilà ce qu'une vieille dame de 81 ans pense de ces cents premières pages.
J'émerge de la fin de votre roman. Je suis anéantie, envoutée, crevée comme si c'était moi qui (...)
Comme cela ferait un beau film ! - Allez je vais essayer de me remettre de mes émotions.
je ne résiste pas, je commande La Chair (sur la page qui s'ouvre, colonne de droite)
2/ A l'amont de la publication de ce roman, avant même et puis simultanément à l'envoi aux premiers éditeurs, quelques proches ou moins proches m'avaient fait l'amitié d'accepter de le lire. Certains m'ont donné leur avis oralement, d'autres par écrit. Les écrits restent. Extraits :
J’ai trouvé vraiment bien mené ton dernier roman. J’en ressens à la lecture une sorte de vertige.
Ta vision de la chair, qui en fait est tout simplement Verbe, est à l’opposé de la conception mécaniste d’un Houellebecq.
Le vertige vient-il de la chair elle-même ou de ce qu’elle est pénétrée du Verbe ?
Le texte a parfois des allures de roman érotique. C’est un leurre bien sûr. Le fol orbite des personnages me fait penser aux personnages d’Almodovar (pas seulement à cause de Barcelone) et, pour le couple incestueux, aux amants de L’Empire des Sens mais la fin élève aux grands mystiques, de Bernanos à Claudel que tu cites. L’éperon de Dieu, vertical comme une bite en érection va rattraper tout le monde. (...)
Jean-Laurent Poli a par la suite accepté d'être l'un des préfaciers de La Chair
Ton livre fini depuis plusieurs jours déjà, j'y suis revenu souvent ; piochant dans un chapitre, un autre, en avant, en arrière, relisant par sauts, m'attardant sur tel passage qui me renvoie plus loin ou plus ante, sautillant longtemps ainsi au gré des clés que me donnent ces relectures erratiques sur cet épilogue paroxystique et mystérieux. Qu'un livre que je referme me laisse sur une kyrielle de questions, voilà qui m'est un gage de réussite littéraire.
Marie, l'archange (St) Michel, Stella (l'étoile), les références religieuses sont patentes et je me doutais bien les y trouver. Le titre lui même renvoie aussi à l'incarnation du Christ, tout cela est clair (Claire ?) mais trop, justement, pour que ton dessein n'ait été que cela. (l'as-tu voulu ? Les phrases que Marie écrit à la fin pourraient venir d'un sermon de St Bernard, cistercien notoire) Et que l'on n'y voie que cela.
C'est aussi l'histoire d'un homme pris dans la nasse de la femme, au prise avec sa propre chair et celle des autres. D'une recherche de paternité. De l'inceste (double!). C'est le mystère des rencontres et du destin (la construction des chapitres - aller-retour entre passé et présent – joue avec cette notion)... etc.
Un vrai roman qui est aussi l'incarnation de personnages (... il fallait vraiment donner corps à des personnages, raconter une histoire, faire voir le monde par eux...
) auxquels on croit et s'attache.
(...) L'aisance est aussi brillante dans la gaillardise des scènes de sexe que dans la sensibilité des moments les précédant, lorsque tu décris les sentiments intérieurs des personnages, notamment féminins. La réussite est aussi là, dans ces sauts périlleux entre trivialité et impressionnisme. (...)
J'ai lu La Chair. Vous me pardonnerez cette sincérité mais je ne suis pas parvenu à "entrer" dedans. Ce qui est parfaitement subjectif, puisque vous avez une musique. Sans doute est ce dû au "sujet", à la chair justement.
C'était nécessaire de l'écrire. Nécessaire de le lire. Maintenant, c'est nécessaire de le publier.
Frédérick Houdaer a par la suite accepté d'être l'un des préfaciers de La Chair
Quelle œuvre dérangeante !
Noire mais ténébreusement fluo !
Une vraie catharsis semencière décousue main, truffée de passages où l'on crispe ses maxillaires plutôt qu'endiguer - au hasard - une gaule.
Ultimissime tabou doublé d'un double requiem pour son psy et deux cons (ceux des jumelles).
Perso, je prends !
Voilà, j'ai terminé la lecture de votre texte hier après-midi. Et je n'arrive pas à en sortir. Michel, Marie, Claire, Carole, Elodie et Serge bien sûr me collent !
Vous êtes un théologien. J'ai trouvé gravée dans vos pages une théologie appliquée à la chair, ce qui en christianisme devrait être une tautologie.
(...) Bref, je suis bouleversé.
Renaud Escande est frère dominicain, directeur de collection aux éditions du Cerf
je ne résiste plus, je commande La Chair (sur la page qui s'ouvre, colonne de droite)>je commande La Chair